AccueilVILLEFRANCHE1er Mai : près de 400 personnes réunies à Villefranche-sur-Saône

1er Mai : près de 400 personnes réunies à Villefranche-sur-Saône

Pour cette journée internationale de lutte des travailleurs, qui intervient cette année dans un contexte politique particulier entre la présidentielle et les législatives, de nombreux manifestants ont défilé dans la capitale du Beaujolais.
Le cortège, parti de la place de la Libération, a déambulé dans la ville avant d'achever son parcours sur la place des Arts.
Zoé Besle - Le cortège, parti de la place de la Libération, a déambulé dans la ville avant d'achever son parcours sur la place des Arts.

VILLEFRANCHE Publié le ,

"Macron, t'es foutu, le Beaujolais est dans la rue", "Macron, t'es pas bon, laisse la place à Mélenchon", "On va prendre l'assemblée"… autant de slogans qui résonnaient dimanche matin dans les rues de Villefranche-sur-Saône, où se déroulait la traditionnelle manifestation du 1er mai. De nombreux militants – notamment issus du PCF et de la France Insoumise – ont répondu présent à l'appel à manifester de l'Union locale CGT Beaujolais.

Tandis qu'à Lyon, le cortège a réuni 4 000 manifestants, ils étaient entre 350 et 400 selon les forces de l'ordre qui encadraient la manifestation caladoise. Partis de la place de la Libération à 10 h 30, les manifestants ont traversé la ville, passant notamment par la rue Nationale, avant d'achever leur parcours place des Arts, où plusieurs prises de paroles se sont succédées.

Un 1er mai plus politique que jamais

Le nombre important de manifestants à Villefranche – à titre de comparaison, ils étaient un peu plus de 250 le même jour en 2021 selon le Progrès – s'explique sans doute par le contexte électoral de 2022 : la réélection d'Emmanuel Macron et les législatives à venir au mois de juin mobilisent militants et électeurs. Pour Jean-Marc Bon, militant de la CGT Villefranche "il faut que la gauche se réveille et qu'elle s'accorde". Un avis partagé son camarade Christian Grandjean, lui aussi militant CGT. "Nous avons besoin de poids aux législatives, pour avoir un contrepouvoir contre Emmanuel Macron : en cinq ans il n'a satisfait et donné de l'argent qu'à ses amis, le reste de la France n'a pas eu grand-chose", souligne-t-il.

Pour les deux militants, le bilan du quinquennat LREM est très négatif, notamment sur le sujet de la santé. "Pendant un an, le personnel soignant a travaillé sans masques, dans des conditions précaires. Ensuite, on lui annoncé qu'il ne pourrait plus travailler sans être vacciné, et maintenant cela ne pose plus de problèmes : c'est scandaleux !", souligne Christian Grandjean. Pour lui, le rassemblement de la gauche pour les prochaines législatives s'annonce compliqué "Je pense que chacun doit mettre un peu d'eau dans son vin : pour moi, l'union aurait dû être faite dès le moment de la présidentielle Il faudrait que chacun amène quelque chose de son parti et arrive à en faire profiter les autres".

Christian Grandjean et Jean-Marc Bon, militants de CGT Villefranche/ Beaujolais.

Les législatives dans le viseur

Une fois le cortège du 1er mai arrivé place des Arts, plusieurs prises de paroles se sont succédées. Laetitia Houssaye, secrétaire générale de l'Union locale CGT Villefranche /Beaujolais, a ouvert la danse, rappelant l'historique de cette journée internationale des luttes des travailleurs "Pendant plus de quinze ans, toutes les manifestations du 1er mai étaient interdites en France […] Il a fallu que la CGT passe outre cette interdiction en 1968 pour qu'il soit aujourd'hui possible de manifester à cette date".

La militante a ensuite souligné le contexte politique particulier de ce 1er mai, appelant à l'union des diverses sensibilités politiques de gauche "La réélection de Macron n'implique en rien une acceptation politique ; tout au contraire, pour la CGT, il est temps de gouverner la France autrement […] de s'appuyer sur celles et ceux qui produisent les richesses. […] Aucun groupe social ou politique ne s'en sortira seul, il faut bien agir pour se regrouper, agir pour se rassembler et donc se comprendre".

Également présente à la manifestation, une militante LFI de la deuxième circonscription de l'Ain et membre du groupe d'action Dombes Saône Vallée, abonde dans ce sens : "Les élections présidentielles nous ont déçu, on a raté le second tour de peu. On va maintenant vers le 3ème tour que représentent les législatives, en essayant d'amener le plus de députés possibles à l'Assemblée nationale". Pour elle, il est vital de "ramener aux urnes", les citoyens dépolitisés et désabusés par les politiques des précédentes années.

Après la CGT du Beaujolais, Mylène Dune, cheffe de file de l'Union Populaire dans la 9e circonscription du Rhône, a pris le micro devant les manifestants "Localement, la présidentielle a été une belle victoire, puisque l'Union populaire est arrivée en tête à Villefranche avec 27 % des voix, ce qui n'était pas arrivé pour la gauche depuis au moins 30 ans, a rappelé la militante et potentielle tête de liste pour les législatives. Malheureusement, ça n'a pas suffi, et je sais nos déceptions et toute nos frustrations. La victoire d'Emmanuel Macron est pitoyable, il reste le président le plus mal élu de la Cinquième République. Nous ne voulons plus de ce faux débat droite/extrême droite, nous ne voulons plus de leur monde avec une politique aux antipodes des attentes populaires".

Après avoir rappelé le bilan du quinquennat du président élu – baisse des APL, fermetures de lits d'hôpitaux, diminution de l'allocation chômage - l'ancienne gilet jaune a appelé à une forte mobilisation derrière l'Union Populaire les 12 et 19 juin. " Avec 15 députés, nous pouvons créer une commission d'enquête ; avec 58, nous pouvons déposer une motion de censure pour s'opposer au gouvernement, avec 185, nous pouvons demander l'organisation d'un referendum et avec 289 députés nous pouvons gouverner le pays", a clamé la militante sous les applaudissements de la foule.

Mylène Dune a conclu sa prise de parole en rappelant la date de la première séance du parlement de l'Union Populaire, prévue le 10 mai à la salle des Échevins. "Que nous gagnions ou que nous perdions aux législatives, la force de gauche construite à Villefranche sera maintenue avec se parlement", table la militante.

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