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Villefranche : les médecins redoublent d'efforts dans l'organisation de leur cabinet

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Villefranche : les médecins redoublent d'efforts dans l'organisation de leur cabinet
Franck Chapolard

Mise en place de mesures barrières très strictes dans les cabinets, flux différenciés, téléconsultation : les médecins font le maximum pour une organisation la plus parfaite possible. Mais face à l'épidémie, ils veulent davantage d'équipements de protection pour toute la profession.

Questions au Dr Sandra Mokobodzki, médecin généraliste installée dans le quartier de Belleroche à Villefranche.

Quelle est la situation à votre cabinet, êtes-vous surbookée ?

"Non pas pour l'instant. Il y a des cas de coronavirus, mais pas énormément. D'autre part, nous avons beaucoup de rendez-vous qui ont été déprogrammés, notamment par des patients confinés. C'est aussi la situation observée dans d'autres cabinets sur le secteur de Villefranche. Mais avec l'annonce du pic de l'épidémie, cela risque de changer."

Avez-vous mis en place des dispositions particulières ?

"Nous avons passé beaucoup de temps à nous organiser pour mettre en place des flux différenciés, c'est-à-dire de faire en sorte que dans le cabinet, les patients contagieux et ceux qui sont fragiles ne se croisent pas. Nous avons donc instauré des plages de rendez-vous destinés aux patients susceptibles d'être contagieux qui toussent et ont de la fièvre et des plages horaires pour les autres consultations (maladies chroniques, suivi nourrissons, etc.). Et tout ceci avec toutes les préconisations de gestes barrières nécessaires. Par ailleurs, nous avons supprimé les consultations sans rendez-vous."

Quid de la téléconsultation ?

"Nous l'avons intégré dans notre cabinet à la fois pour la surveillance des patients qui auraient pu être contaminés par le coronavirus et aussi pour éviter à d'autres le déplacement chez le médecin lorsque c'est possible. Pour beaucoup de médecins, il s'agit d'une première expérience."

Y a-t-il de l'inquiétude intense de la part de la population ? Est-ce que des patients viennent consulter même s'il ne sont pas porteurs de certains signes comme la toux et la fièvre ?

"Oui, il y a des gens inquiets, voire anxieux. Nous tentons de les rassurer. Dans la mesure du possible, nous alertons les personnes les fragiles lorsqu'elles nous appellent."

Que préconisez-vous ?

"Dans tous les cas il faut appeler son médecin. Beaucoup de gens hésitent à venir alors qu'ils auraient besoin d'une consultation. Que ce soit pour un problème lié au coronavirus ou pas. Le médecin décide s'il y a besoin d'une consultation, si cela peut être géré à distance ou pas ou et mettre en place une modalité de surveillance. Si la personne présente des difficultés pour respirer, elle doit appeler le 15."

Que pouvez-vous répondre quand un patient vous demande de faire un test ?

"La médecine de ville en dispose, mais ils sont réservés aux personnes malades et qui présentent à la fois un risque de complication. Nous disposons d'une liste précise émanant de la direction générale de la santé où il est recommandé de faire le test. Il faut savoir qu'il a un taux de fiabilité de 70 %."

"NOUS MANQUONS CRUELLEMENT DE MATÉRIEL DE PROTECTION"

Quelle est la plus grande difficulté pour vous et vos confrères ?

"Nous avons des problèmes de matériels de protection. Je parle pour les médecins, mais aussi pour tous les professionnels de santé qui sont en première ligne, mais aussi les aides à domicile. Nous manquons de masques chirurgicaux, de masques FFP2, de vêtements de protection. Je pense notamment aux infirmières. Elles se déplacent à domicile et ont besoin de surblouses, de charlottes pour les cheveux. Nous n'avons pas de masques non plus pour les patients malades alors qu'ils risquent de contaminer les autres membres de leur famille. Si des entreprises ou des gens disposent de ce matériel de protection, nous acceptons les dons*."

Un autre sujet d'inquiétude porte à propos de certains patients qui délaissent leur maladie chronique ou autre alors qu'ils ont besoin d'un suivi. Ils ne doivent pas hésiter à nous appeler pour une consultation. Comme je le disais précédemment, nous avons instauré des plages sécurisées dans nos cabinets. Ceux-ci sont désinfectés régulièrement."

UN TRAVAIL EN RESEAU AVEC LES PROFESSIONNELS DE SANTE

Dans cette période de crise sanitaire inédite et dramatique, travaillez-vous en réseau avec d'autres professionnels de santé ?

"Je fais partie du CPTS Beaujolais/Dombes (Communautés professionnelles territoriales de santé) qui regroupe tous les professionnels de santé du territoire, médecins généralistes, des médecins de la polyclinique, de l'hôpital Nord-Ouest, des infirmières, des kinésithérapeutes, des représentants du secteur médico-social…cela permet de recenser les difficultés de faire le lien entre les médecins, les établissements de santé, etc., sans oublier le secteur social."

* Pour les dons : envoyer un mail covid@cptspolyvalente.fr ou téléphoner au 06 20 63 35 36. MERCI pour eux.

Propos recueillis par Laurence CHOPART




Laurence CHOPART
Journaliste

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