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Ethnobotanique : le Beaujolais fait l'objet d'une étude

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Ethnobotanique : le Beaujolais fait l'objet d'une étude
"L'ethnobotanique est la trame de l'hIstoire de l'Humanité" (Jacques Rousseau, chercheur)

Ex-directeur d'Inter Beaujolais, Michel Deflache, ethnobotaniste, a lancé une vaste étude en Beaujolais sur les usages traditionnels des plantes sauvages et leur utilisation aujourd'hui.

"L'ethnobotanique n'étudie ni les Hommes, ni les plantes, mais se focalise sur les relations intimes entre les Hommes et les plantes ", souligne Michel Deflache, viticulteur à Saint-Loup, qui n'a jamais caché sa passion pour la nature. Il planche aujourd'hui sur les plantes sauvages dans le Beaujolais, les monts de Tarare, voire le Lyonnais : soins pour les humains ou les animaux, usages domestiques, professionnels, alimentaires, etc.

UN MEMOIRE A LA FIN DE L'ANNEE

Pour parfaire à l'élaboration de cette étude, qui débouchera sur un mémoire et à un rendu public en fin d'année, il a suivi une formation d'herbaliste à l'Ecole des plantes de Lyon, à l'Imderplam de Montpellier et au collège international d'aromathérapie. Mais son parcours ne s'arrête pas là. Il suit actuellement des cours d'ethnobotanique à l'Ecole lyonnaise des plantes médicinales et des savoirs naturels.

"L'ethnobotanique est la trame de l'Histoire de l'humanité, disait, en 1961, le chercheur Jacques Rousseau", ne manque pas de rapporter Michel Deflache. Une science académique à part entière, "mais qui ne trouve tout son sens lorsqu'elle va sur le terrain, une science appliquée", complète-t-il.

Selon cet expert, les plantes ont été beaucoup plus civilisatrices que ne l'ont été les animaux. Elles sont bien peu présentes dans les mémoriaux de notre reconnaissance. "A Lascaux ou à la Grotte Chauvet, les animaux sont représentés, pas les plantes. Pourtant, le chêne, en Europe, a sauvé des générations de famine, il en était tiré parti de tout : les feuilles, les glands pour nourrir les cochons, et le bois. Avant le néolithique, les plantes sauvages étaient utilisées pour manger et se soigner". Tout cela nous le redécouvrons aujourd'hui avec l'apport de la science.

DE NOMBREUX USAGES

Les usages de ces plantes étaient et sont nombreux sur le territoire : soins, fabrication d'objets, usages domestiques et agricoles, rites religieux, etc. "Le gaillet jaune était utilisé pour cailler le lait dédié à la fabrication des fromages, les orties pour récurer et désinfecter les bidons de lait et pour les soupes, les ramifications du bouleau pour fabriquer des balais, etc. Les pratiques d'autrefois liaient les habitants aux rythmes religieux où certaines plantes (à la Saint-Jean, aux rogations…) étaient utilisées comme transmetteurs. Encore aujourd'hui, certaines personnes accrochent sept épis de blé, cueillis à la Saint-Jean, à la porte d'entrée de leur maison, symbole de protection. Les consoudes possèdent des vertus médicinales pour la traumatologie, elle est utilisée également en biodynamie", égrène Michel Deflache.

La préservation de la biodiversité, notamment les prairies naturelles sont l'une des raisons qui l'ont poussé dans cette aventure. "Il devient urgent de mieux connaître nos plantes amies - il n'existe pas de mauvaises herbes, il faut les protéger pour qu'elles continuent dans toute leur diversité à nous accompagner".

A LA RECHERCHE DE TEMOIGNAGES*

La mission que s'est donnée l'expert est chargée : "Il faut cataloguer, investiguer, recueillir des témoignages des savoirs populaires, de tradition "des autrefois", mais aussi des pratiques d'aujourd'hui, lesquels engendreront des traditions de demain". En effet, il y a tout un réseau d'acteurs, d'utilisateurs de plantes sauvages, qui parfois en font leur métier. "Il faut consigner leur savoir-faire".

L'ethnobotaniste est actuellement encore à la recherche de porteurs de cette tradition de l'usage des plantes qui détenaient ces savoirs. "Il est grand temps de retrouver la sagesse des anciens, et de saluer aussi celle de très nombreux jeunes amoureux de la nature, porteurs d'espoir", conclut Michel Deflache.

Laurence CHOPART

* 06 71 27 94 88

DE NOMBREUSES ESPECES EN REGRESSION

Le conservatoire botanique national du Massif central recense 2 501 espèces de plantes sauvages dans la Loire et le Rhône. 75 % des espèces sont communes aux deux départements. On en dénombre 350 000 de part le monde, nombre en régression constante. Le Rhône et la Loire ont déjà perdu 140 espèces depuis 1995. (Source Michel Deflache).




Laurence CHOPART
Journaliste

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