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Quel avenir pour la coopérative laitière ?
Cela fait déjà un an que les producteurs de lait travaillent sur le projet de reprendre la Coopérative laitière de Villefranche, et l’enjeu est de taille puisque celle-ci constitue l’outil de travail de soixante-dix exploitations et emploie trente-cinq salariés. "Nous voulons poursuivre le travail de nos prédécesseurs, faire en sorte que l’activité perdure", souligne Dominique Despras, producteur de lait à Claveisolles.
"Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons de nous faire manger par Candia (groupe Sodiaal) qui est intéressé pour racheter la coopérative. Nous voulons garder la gouvernance de l’outil, et si Sodiaal rachète, cela ne sera pas le cas, nous craignons même pour la pérennité des emplois, le site risquant de fermer", ajoute le producteur. L’objectif pour les producteurs est de garder une économie territoriale.
Pour parfaire à l’élaboration de la reprise, les producteurs sont accompagnés par la Chambre d’agriculture, avec à la clé une étude économique et commerciale. "La marque Marguerite fonctionne bien, quinze millions de litres de lait sont traités par an à la coopérative laitière, nous vendons sur la région sud-est, nous privilégions les circuits courts et cela ne sera sûrement pas le cas si Sodiaal reprend l’activité", souligne Dominique Rivoire, producteur de lait à Azolette et président de la Coopérative Vallée Saône-Azergues qui regroupe les producteurs de lait.
"L’URCVL (l’Union régionale des coopératives de vente de lait) a décidé d’arrêter son activité. Cette structure est l’adhérent majoritaire de l’Union des coopératives laitières de Villefranche. L’URCVL, qui détient la majeure partie du capital, a besoin de moyens pour clôturer ses comptes, c’est donc dans le cadre de cette cessation que la vente de la coopérative intervient", explique Dominique Rivoire. L’URCVL achète le lait aux producteurs, l’achemine à la coopérative et gère la logistique.
La coopérative s’occupe de la transformation du lait. Le lait bio a aussi toute sa place. "Nous voulons développer cette filière, d'autant plus qu'il y a de la demande", tient à préciser Dominique Despras.
C’est pour expliquer leur projet que les producteurs se sont rassemblés devant la coopérative de Villefranche, jeudi dernier à la tombée de la nuit, après la traite des vaches. "Nous voulons prendre notre destin en main", indique une banderole réalisée sur place. C'est l'un des signes extérieurs de leur combat auquel s’ajoute l’appel lancé aux politiques. "Nous avons le soutien de Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes, et de Michel Mercier, président du Conseil général", souligne Dominique Despras.
Les producteurs de lait ne désespèrent pas de voir aboutir ce projet d’envergure. Pour le moment, aucune décision n’a été prise quant à l'avenir de la coopérative.
Laurence Chopart
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