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Paul Dini : "Je donne parce que je suis attaché à Villefranche et au Beaujolais"

En effectuant il y a quelques jours une septième donation au musée municipal qui porte son nom à Villefranche, l'ex grand patron amateur d'art a créé la sensation : 169 nouveaux tableaux de 93 artistes différents pour une valeur estimée à 1,32 million d'euros. Il explique ce geste "par un profond attachement à Villefranche et au Beaujolais."
Paul Dini ne souhaite pas qu'on le crie sur tous les toits. Pourtant, en donnant 169 œuvres supplémentaires au musée municipal qui porte son nom, l'ancien homme de presse - fondateur entre autres des journaux gratuits d'annonces 69 ou 38 (aujourd'hui Paru Vendu) - vient d'apporter une pierre importante à l'édifice culturel de Villefranche et du Beaujolais. Elle s'ajoute aux six donations précédentes de 501 tableaux depuis 1998 et l'ouverture du musée, pour former un total de 670 œuvres, d'une valeur estimée à 5,6 millions d'euros !
Bernard Perrut, député-maire de Villefranche, voit dans ce nouveau geste du mécène caladois un "acte important qui permet de croire à la dimension culturelle dans cette ville." Pour l'adjoint à la culture Jean-Luc Guénichon, "cette septième donation va compléter le fonds actuel et rendre le message encore plus solide et plus crédible."
Mais qu'en pense le principal intéressé ? Qu'est ce qui pousse Paul Dini - dont la fortune personnelle avait été estimée à 200 millions d'euros en 2003 par le mensuel Nouvel objectif Rhône-Alpes - à se préoccuper du devenir culturel d'une ville moyenne ? Pour quelles raisons se séparer de son vivant d'œuvres qu'il chérit ? "Ce n'est pour aucun objectif négatif, assure Paul Dini. Je ne veux ni déshériter mes enfants ou en retirer des avantages fiscaux. Simplement, je suis un habitant de Limas et j'aime avoir le plaisir de me dire que ce musée est un voisin accueillant. Cet enracinement dans le terroir, très fort dans la collection que j'ai constituée, suffit à expliquer pourquoi j'ai choisi Villefranche pour donner toutes ces œuvres. C'est un outil pour la promotion de la ville et plus généralement le tourisme en Beaujolais."
Unique en France
Passionné d'art et acheteur de longue date, Paul Dini a acquis en 1995 la certitude que sa collection pouvait voyager au-delà de ses propres murs. En 1997, la seule proposition pour la création d'un musée susceptible d'accueillir ses toiles, c'est à Villefranche et au maire Jean-Jacques Pignard qu'il la fait. "J'ai commencé il y a longtemps à acheter dans le désordre. Au milieu des années 1990, il m'est apparu que cet ensemble de peintures constituait un thème, qu'elle avait une cohérence", relève M. Dini. Une collection aussi complète que possible, quasi encyclopédique, dévolue à des œuvres d'artistes ayant un lien de vie ou de création avec la "grande région". Villefranche, les vendanges en Beaujolais, et bien d'autres images déclinées selon tous les courants de la peinture de 1860 à aujourd'hui (réalisme, abstraction...) . "C'est unique dans la région, et je ne suis pas loin de penser que ça l'est aussi sur le plan national", se plaît-il à souligner. "Voilà ce qui donne un sens à ces dons." Quant à la reconnaissance personnelle, elle passe au second plan à en croire Paul Dini. "Ce qui compte, c'est que le musée soit le plus connu possible. Moi, vous savez, je suis plutôt quelqu'un de discret..."
Julien Verchère
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