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Le Patriote

Le "corbeau" de Saint-Etienne-la-Varenne condamné

Guy Baratin s’est présenté ce mardi à la barre du tribunal correctionnel en victime… Malgré un casier judiciaire déjà ouvert, Guy Baratin a pris la parole pendant plus d’une demi-heure pour expliquer aux magistrats qu’il avait été une victime plus qu’un taggeur d’édifices ou un corbeau !
Voilà comment une défaite aux élections municipales de 1995 a plongé dans la suspicion l’ensemble du village de Saint-Etienne-la-Varenne.
Guy Baratin s’était présenté aux élections municipales de 1995. Battu par Michel Lapalu, lequel fera deux mandats, Guy Baratin n’accepte pas cette cinglante défaite. Guy Baratin va pendant douze longues années ressasser un sentiment de haine à l’encontre de son rival politique, de certains élus, puis finalement de l’ensemble des habitants du village
Appelé à la barre, le prévenu va alors tenter d’expliquer les raisons d’un tel acharnement. Pourquoi avoir taggé des inscriptions insultantes à l’encontre du maire et de certains élus locaux ? Pourquoi avoir dessiné des croix gammées sur les édifices municipaux ?
 Cette défaite électorale, Guy Baratin va la vivre comme une "injustice". Comment, alors qu’il se qualifie lui-même "d’homme qui réussit tout ce qu’il entreprend et envié des autres…", a-t-il pu être ainsi battu par un candidat conservateur ?
"Il ne fait pas bon être votre ami"
 Guy Baratin ne va pas supporter que Michel Lapalu apporte son soutien au candidat du Front National en 2002 et 2007. Et puis il y a cette histoire de trottoir, le prévenu va alors expliquer qu’il s’agit de l’élément déclencheur. La commune refuse la réfection du trottoir devant la maison de sa mère. Dès lors, Guy Baratin devient mister Hyde et passe à l’acte avec comme objectif la démission du maire et de son équipe.
"J’ai agi dans un état second, j’ai eu au même moment des problèmes personnels et j’ai été licencié… Je mélangeais antidépresseurs et alcool… Lorsque j’agissais, je le faisais sans peur, sans masque… J’étais inconscient".
L’analyse psychiatrique réalisée à son encontre est formelle. Sans pathologie reconnue, Guy Baratin se livrait à de l’auto-médication "sans doute pour se donner la force de commettre ses exactions", fera remarquer Mme la Présidente du tribunal.
Finalement Guy Baratin va expliquer "que l’interpellation par les services de gendarmerie a été un soulagement". Il va ensuite expliquer qu’il s’en est pris aussi à la commune de Cercié et à celle de Saint-Jean-d’Ardières, car il n’avait pas eu le soutien du candidat local pour lequel il avait milité aux élections cantonales. A la question des atteintes portées à l’encontre du conseiller municipal M. Basset, Guy Baratin va expliquer qu’il le connaissait bien, que c’était son ami… ce qui lui vaudra d’être repris par la présidente "il ne fait pas bon être votre ami".
L’absence d’excuses envers M. Lapalu et les habitants de Saint-Etienne-la-Varenne soulevée par Me Hilbert (avocat de la commune et de l’ancien maire) et les contradictions retenues par le procureur de la République quant aux motivations de ses actes délictueux, va valoir à Guy Baratin des réquisitions assez sévères du procureur de la République.
Le jugement rendu en début de soirée marque de façon indélébile la responsabilité des faits, Guy Baratin est condamné à 18 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve de trois ans. Le jugement est assorti d’une obligation de suivre un traitement psychologique - voir psychiatrique - et l’obligation d’indemniser les victimes, faute de quoi la peine de prison deviendra effective. En plus, Guy Baratin écope de sanctions financières assez fortes : 13 000 euros pour la commune de Saint-Etienne-la-Varenne, 7 300 euros en préjudice moral et matériel pour Michel Lapalu, 2 968 euros pour le Département du Rhône et 1 030 euros d’amendes pénales pour avoir taggé des édifices publics et privés.
Louis Simone

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