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Le "210 en Beaujolais" va-t-il quitter Villefranche pour Belleville ?
Les organismes viticoles quitteront-ils Villefranche et le quartier général historique du "210 en Beaujolais" où ils sont tous rassemblés, d'Inter Beaujolais au Comité de développement du Beaujolais (CDB) en passant par l'Union des vignerons du Beaujolais ? La question est d'actualité et n'a rien de farfelue.
L'interrogation émane d'Inter Beaujolais. L'organisme de promotion et de communication s'interroge de longue date sur son implantation au 210 du boulevard Vermorel, au premier étage d'un lieu certes proche du centre-ville mais manquant cruellement de la visibilité et du "cachet" nécessaires pour communiquer efficacement à propos des vins du Beaujolais. Dominique Capart, le président d'Inter Beaujolais, ne cache pas qu'il verrait d'un bon œil une implantation susceptible d'offrir une plus belle vitrine.
Pourquoi pas Belleville ?
L'élu viticole a ramené l'affaire sur le devant de la scène en évoquant récemment le sujet de façon publique. "La plupart des vignobles français disposent d'un bel endroit pour promouvoir l'image de leurs vins. Proche de nous, je pense par exemple aux vins de Bourgogne à Mâcon. En Beaujolais, il nous manque cela. C'est pourquoi on pourrait déménager", a glissé M. Capart en aparté à l'occasion de la présentation de la fête des crus 2010. Un court transfert au sein-même de l'agglomération de Villefranche est envisageable. Mais aucun site potentiel n'a pour l'heure été évoqué.
Dès lors, l'hypothèse d'un déménagement du "210" à Belleville prend du poids. Cette hypothèse d'un départ vers le nord du vignoble n'est pas nouvelle. Elle revient depuis de longs mois dans les conversations entre responsables de la filière, tournant autour d'un terrain jouxtant la Maison des Beaujolais, restaurant et lieu de dégustation emblématique dans la région mais aux finances fragiles. On imagine aisément les "bénéfices" réciproques que pourraient retirer Inter Beaujolais et la Maison des Beaujolais de ce rapprochement. L'option tient la corde, tout au moins sur le papier, le maire de Belleville - le radical valoisien Bernard Fialaire - semblant ouvert sur la question (voir par ailleurs). Mais parions qu'à Villefranche et dans le sud du Beaujolais, la résistance à ce changement capital va s'organiser.
"Le 210 n'est pas
qu'un bâtiment"
Ainsi, Bernard Perrut, député-maire UMP caladois, n'imagine pas une seconde la filière viticole ailleurs qu'en Calade : "Villefranche et le Beaujolais ont toujours été indissociables, et notre ville est liée à l'histoire de la viticulture, je pense à Victor Vermorel, argumente le député-maire. Le 210 n'est pas qu'un bâtiment, ses murs portent encore le témoignage des moments difficiles vécus par le vignoble mais aussi des moments glorieux, et j'entends encore le Père Bréchard porter loin et fort le message du Beaujolais", ajoute M. Perrut, faisant référence à l'ancien président de l'union viticole et député qui a donné son nom au pôle technique hébergé dans les murs du "210".
Les élus caladois semblent prêts à faire des efforts pour retenir les instances viticoles à Villefranche, d'autant plus que plusieurs dizaines d'emplois sont en jeu. Interrogé sur la question, Bernard Perrut avance la solution suivante : "Si les bureaux sont aujourd'hui devenus réellement trop petits, je propose aux responsables professionnels de les aider à trouver un terrain, car je sais qu'ils sont comme moi très attachés à ce que Villefranche demeure la capitale du Beaujolais, d'autant plus en cette période où l'agglomération caladoise est reconnue comme un véritable pôle d'équilibre et de développement. Nous avons même reçu l'ambassadeur de Chine et celui du Japon !".
Pour l'heure, M. Perrut assure n'avoir reçu aucune demande formelle : "Je n'ai eu aucune demande, ni aucun contact à ce sujet. Faudrait-il encore savoir si le besoin de la profession concerne les bureaux, une vitrine du Beaujolais ? Les deux pouvant éventuellement être dissociés."
Quant à Jean Picard, président de la Communauté d'agglomération de Villefranche (CAVIL), il a évoqué la possibilité d'un bâtiment "vitrine" en sortie d'autoroute. Cette solution pourrait être imaginée en lien avec le projet de développement économique de l'Ile porte à Arnas, situé à la sortie Villefranche-nord de l'A6. Entre Villefranche et Belleville, la filière viticole cherchera-t-elle à faire monter les enchères ? La partie de poker menteur a commencé.
Julien Verchère
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