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Football club de Villefranche : les joueurs agressés dans les rues de Bastia

La horde sauvage". On pourrait accoler ce titre d’un vieux film de Sam Peckinpah à l’événement empreint d’une violence exacerbée
qui a embrasé une rue de Bastia dans la nuit de samedi à dimanche lorsque joueurs et encadrants du Football club de Villefranche se sont fait attaquer par une bande de plusieurs dizaines de personnes.
Là ce n’était pas un film, on était en pleine réalité et aucun d’entre nous ne voulait faire le malin de peur de rester sur le carreau", délivre Wilson Grosset en revoyant les images défiler dans sa tête. Les faits se sont déroulés dans les rues de Bastia dimanche entre une et deux heures du matin. "On sortait tranquillement d’un pub et on a vu notre car de location qui commençait à être attaqué. On s’est retrouvé entourés par une cinquantaine d’individus armés de matraques de bois ou de fer et de câbles de cuivre", poursuit le joueur caladois.
Face à ce déchaînement de violence, les joueurs se sont dispersés. "Si on était resté en groupe, je ne sais pas ce qui se serait passé...", poursuit Grosset, qui a du user des dribbles et feintes de corps. "Heureusement que nous avons réussi à leur échapper et à nous cacher, puis àcommuniquer avec nos portables, pour aller finalement nous réfugier au commissariat le plus proche", ajoutait-il.
Un énorme quiproquo
Michel Battin à son arrivée dimanche en fin d’après-midi montrait un hématome sur une cuisse, stigmate d’un violent coup porté par l’un des agresseurs. "Je n’avais jamais vu un tel déchaînement de violence et lorsque j’ai vu les premières vitres du minibus sauter, j’ai compris que ça allait très mal se passer. Ils ont mis le feu à des survêtements pour tenter de brûler le car…" Et avec forces gestes de brosser le tableau suivant : "Ça partait dans tous les sens, un groupe coursait Sidy Diop en proférant des insultes racistes, un homme en retrait qui cachait quelque chose sous son pull donnait des infos par téléphone à ses potes". Pendant ce temps là, le défenseur Ariola avait réussi à se réfugier dans une clinique avec un joueur bastiais qui venait de se faire casser la mâchoire. "Les bleus étaient pris pour des Bastiais, ceux du centre de formation, qui avaient apparemment jeté une adolescente dans le port pour s’amuser", commentait encore Battin. Une méprise qui aurait pu très mal se finir, même si plusieurs Caladois ont tout de même pris des coups.
Jean-Michel Picollet dit avoir été frappé de stupeur quand il a entendu "Le négro, on l’a jeté à la baille" alors qu’il manquait encore quelques uns des siens au commissariat. "J’ai finalement poussé un ouf de soulagement au comptage final et c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de bobos physiques. On a porté plainte évidemment, on est sortis du commissariat vers 5 ou 6 h." Cet événement semble n’avoir aucun rapport avec le match. La délégation caladoise se serait trouvée au mauvais endroit au mauvais moment.
Georges Maire
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