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Le Patriote

En bords de Saône, les pêcheurs retrouvent le sourire

Ils sont près d'1,5 million en France et des milliers en Beaujolais Val de Saône. Avec l'arrivée du printemps, les pêcheurs ont ressorti l'équipement du cabanon, posant à nouveau leurs lignes au bord des cours d'eau et autres étangs. En ce début d'année 2010, les "adeptes" des bords de Saône auraient plutôt tendance à avoir le sourire, à l'image de Claude Méreu. Le président de l'association de pêche de Villefranche constate depuis quelques années des améliorations sensibles en matière de qualité de l'eau. "Il y a quinze ans, on ne voyait pas à 50 cm sous l'eau. Aujourd'hui, le regard porte souvent jusqu'à deux mètres sous la surface. C'est très bon signe. On a également noté au cours des derniers mois le recul de certaines algues vertes et le retour des joncs près des rives", délivre M. Méreu. Pour l'homme, la meilleure prise en charge des déchets joue un rôle central. "Aujourd'hui, il est très rare de trouver des machines à laver ou des réfrigérateurs", précise-t-il.
Le brochet est de retour
Les pêcheurs ne sont pas pour rien dans cette amélioration globale. Présent en nombre et quasi quotidiennement sur les bords de la rivière, ce sont de véritables sentinelles de l'environnement, ce qu'illustre Claude Méreu : "Il y a quelque temps, un bateau a effectué un nettoyage sauvage au niveau de Villefranche. Un pêcheur a aperçu une petite nappe de fioul, il a contacté les forces de l'ordre et le contrevenant a été retrouvé et sanctionné moins de deux heures plus tard". Ce n'est pas pour rien que les sociétés de pêche ont été rebaptisées associations de pêche et de protection des milieux aquatiques (APPMA)…
Les pêcheurs jouent également un rôle actif pour redonner plus de vie aux rivières. L'association caladoise a par exemple réintroduit trente kilos de truite dans le Nizerand à hauteur de Gleizé, "à un endroit où les habitants nous ont dit qu'ils n'avaient pas vu de pêcheurs depuis trente ans", rigole Claude Méreu. Des initiatives différentes sont prises dans la Saône dans le cadre du contrat de rivière. Plutôt que de lâcher du poisson d'élevage susceptible d'apporter des maladies, on crée des frayères, à Fareins ou encore entre Villefranche et Anse. L'objectif est de donner un coup de pouce à la biodiversité en utilisant des bras morts de la rivière. Et ça marche… "On constate les premiers effets positifs, note Claude Méreu. Des poissons qui avaient presque disparu reviennent en force comme le brochet, la grémille, la bouvière…" Dans la Saône, l'avenir de la pêche nage en eaux moins troubles.
Julien Verchère

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