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Didier Dailly : "Le sanglier a sa place et constitue un élément de diversité biologique"
Peut-on parler actuellement en termes de prolifération de sangliers ?
"Le sanglier est un animal forestier qui connaît depuis quelques années un développement qui a suivi celui de la forêt en termes de surface puisque celle-ci n’a pas cessé d’augmenter depuis le début du XXe siècle dans les monts du Beaujolais du fait des déprises agricoles successives. Ce phénomène est également constaté sur d’autres espèces forestières capables de s’adapter aux activités humaines comme le renard.
A l’heure actuelle, pour revenir à votre question précise sur la prolifération du sanglier, il est possible d’appréhender ce niveau d’abondance selon le Plan national de maîtrise du sanglier du ministre Borloo par le niveau de capture réalisé par les chasseurs et son évolution.
En France, le prélèvement moyen au 100 hectares de bois est en 2008 de 3,79 animaux. Dans le département du Rhône ce chiffre est de 1,6 animal et stable entre 2008 et 2009. Pour être plus précis, sur le territoire des monts du Beaujolais qui intéresse vos lecteurs, ce chiffre est de 1,86 sanglier au 100 hectares de bois et il est donc difficile de parler raisonnablement de prolifération mais seulement d’augmentation."
Est-ce un problème ? Si oui pourquoi ?
"La présence de faune forestière peut parfois être un problème, en particulier pour les agriculteurs riverains des forêts, que l’on parle de sangliers, de chevreuils, de renards ou de blaireaux voir d’autres espèces parfois protégées. Ces espèces vont souvent, au cours de leurs activités d’alimentation ou de déplacement essentiellement nocturnes, circuler dans l’espace agricole et parfois endommager les productions des exploitants. Le phénomène de dégradation est aggravé lorsque l’hiver est rude et long avec un enneigement significatif qui rend peu disponible une part de l’alimentation comme ces premiers mois de 2010 ou lorsque la reproduction de l’année précédente a été importante."
Dans ce cas, quelles mesures faut-il d’après votre fédération pour y faire face ?
"Il faut d’abord prévenir ce type de problèmes agricoles par un certain nombre de mesures de prévention qui sont mises en œuvre pour le sanglier avec les associations de chasse locales, telles que la pose de clôture électrique par les chasseurs locaux formés à cet effet, la réalisation d’agrainage dissuasif ou de cultures de dissuasion, la réparation de dégâts, le décantonnement des animaux qui se concentrent dans certaines réserves ou encore l’indemnisation administrative des exploitants agricoles par un fond spécifique alimenté par les chasseurs. Ces mesures décuplées en 2009 par les chasseurs de sangliers ont permis de mieux prévenir les dégâts qu’en 2008, de mieux protéger les cultures, d’utiliser du matériel de protection plus efficace, de réagir plus rapidement aux problèmes locaux. Ainsi, les surfaces endommagées par les sangliers et indemnisées par les chasseurs ont été divisées par deux entre 2008 et 2009 et représentaient dans les monts du Beaujolais 11 000 euros l’année dernière selon les barèmes établis avec les représentants de la profession agricole. Quoi qu’il en soit, la mesure qui reste également indispensable est la chasse des sangliers excédentaires et il est vrai qu’il est reproché parfois à nos adhérents de ne pas assez chasser... Pourtant aujourd’hui il est possible, selon différentes modalités réglementaires fixées par le préfet, de chasser le sanglier du 1er juin au 28 février, soit neuf mois sur douze."
Les zones urbaines sont-elles menacées ?
"De nombreuses zones péri urbaines en France sont actuellement colonisées par l’espèce sanglier du fait de friches industrielles, spéculatives ou de déprises agricoles si les chasseurs ne viennent pas régulièrement les débusquer. Le péri urbain lyonnais, de même que le secteur de Villefranche, n’échappent pas à cette règle puisque ces dernières années des sangliers ou des chevreuils ont été aperçus, chassés, photographiés ou victimes de collisions avec les automobiles sur Gleizé, Arnas, Limas et même Villefranche. Nous ne sommes toutefois pas sûrs de pouvoir parler de réelles menaces en tant que telles, même si le sanglier peut aussi causer des désagréments sur les pelouses ou les jardins."
Propos recueillis par Laurence Chopart
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