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Blédina : les salariés sont inquiets pour l'avenir
Blédina, intouchable fleuron industriel de Villefranche ? C'était vrai pendant de très nombreuses années, quand les gens se bousculaient pour entrer dans l'entreprise et bénéficier de conditions sociales au-dessus de la moyenne. Les salariés sont de moins en moins convaincus de travailler dans l'Eldorado. Depuis quelques années, au fil de restructurations importantes, l'inquiétude monte.
Le syndicat CGT se fait le porte-voix de cette vague d'interrogation concernant l'avenir d'une entreprise qui emploie 500 personnes au cœur de Villefranche. "Une ligne de production de Cracottes a été supprimée le 1er janvier 2010 et 15 emplois avec. Il existe des rumeurs d'arrêts d'autres productions. En deux ans, les volumes ont baissé de moitié sur ce produit et on attend une nouvelle chute cette année. Le groupe Danone, désormais sous-traitant de Kraft pour l'activité biscuits, a accepté des conditions d'achat au ras des pâquerettes", déclarent en chœur des représentants syndicaux de l'usine.
Attirer le soutien de la population
"Avec le rachat récent de Numico, numéro un européen de la nourriture pour bébés, on pensait que cela allait booster la production de nos céréales infantiles. Au contraire, on a perdu 400 tonnes l'année dernière", commente Eric Dufour, délégué syndical central CGT. Danone préfère concentrer ses moyens sur les plats tout prêts pour enfants et les laits. A Villefranche, il n'y a plus d'innovation ni investissements promotionnels."
Michel Catelin, responsable de l'union locale CGT, reprend la métaphore de la maison pour expliquer sa vision de la situation : "Pièce par pièce, on vide Blédina Villefranche, y compris sur la recherche et développement. Pourtant, si on regroupe tous les sites, Blédina est l'activité la plus rentable du groupe Danone." Les inquiétudes des salariés portent sur la création d'une société externe pour gérer l'export et sur des rumeurs de déménagement du service informatique en région parisienne.
Dans un communiqué, la CGT accuse pratiquement les élus locaux et Franck Riboud, le PDG de Danone, de mener des tractations en coulisses pour déménager Blédina du centre-ville caladois. "M. Riboud laisse entendre que sur le site caladois il y a un problème d'exiguïté, de saturation. Il indique d'autre part qu'il est régulièrement interrogé par les politiques locaux sur l'intérêt de voir Blédina déménager", peut-on lire. "Y a-t-il oui ou non des tractations pour déménager Blédina de Villefranche ? Y a-t-il oui ou non engagement du grouoe Danone pour maintenir et développer l'activité ?"
Face à la menace supposée, la CGT a décidé d'interpeller publiquement les élus locaux, et plus particulièrement le député-maire UMP Bernard Perrut, qui pourrait rencontrer certains salariés très rapidement. Le syndicat cherche également à s'attirer le soutien des habitants de Villefranche et du Beaujolais à travers le recueil dans la rue de signatures en faveur du maintien et du développement de Blédina à Villefranche.
Un mouvement que l'on peine à comprendre à la direction de Blédina (voir par ailleurs), l'activité n'étant selon elle pas du tout menacée pour les deux prochaines années. Mais après ? Quand on interroge Blédina concernant le devenir à moyen terme du site, la réponse se fait plus floue : "Moyen terme, ça dépend si on parle de un ou deux ou cinq ans…" La Blédine, qui a soufflé ses 100 bougies en 2006, continuera-t-elle longtemps à envahir l'air du centre-ville de son odeur ramenant à l'enfance ?
Julien Verchère
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