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5 ans de prison pour le braqueur des bureaux de tabac

Un jeune habitant de Liergues a été condamné mardi à cinq ans de prison, dont trois ans et demi ferme. En décembre dernier, il avait braqué deux bureaux de tabac à Liergues et Pommiers avant d'être arrêté lors d'une troisième tentative à Gleizé. Héroïnomane, il a expliqué avoir agi pour régler une dette.
Grand, mince, les cheveux bruns, le regard un peu perdu, tel s'est présenté mardi Christophe Monchanin devant le tribunal correctionnel de Villefranche. Difficile de se dire que c'est ce jeune homme qui a semé la "terreur" vingt jours durant parmi les buralistes de la région. En une quinzaine de jours, cet habitant de Liergues tout juste âgé de 25 ans a braqué les bureaux de tabac de Liergues et Pommiers, avant d'être arrêté lors d'une nouvelle tentative à Gleizé.
Tout commence le samedi 13 décembre 2009. Il est 12 h 15, presque l'heure de la fermeture, quand un individu cagoulé, casqué et ganté fait irruption dans le bureau de tabac de Liergues. Dans la main droite, un fusil à pompe au canon et à la crosse sciés. Sous la menace, il se fait remettre le contenu de la caisse - évalué à 1 700 euros par les victimes - et quitte les lieux à pied.
Toujours le même scénario
Quelques jours plus tard, le 21 décembre, un scénario quasiment identique se joue dans le bureau de tabac de Pommiers, où 300 euros sont dérobés. La gérante a cette fois-ci le temps d'apercevoir son agresseur s'enfuir à bord d'une Renault Super 5 dont la plaque a toutefois été dissimulée. Troisième épisode le 30 décembre au bureau de tabac "Le Gleizéen". Arrivé cette fois-ci à scooter, l'individu braque là encore le buraliste. Aussitôt, deux policiers surgissent d'un recoin du magasin et maîtrisent l'homme alors qu'il tente de s'enfuir.
Le dispositif de surveillance spécialement mis en place dans certains commerces du secteur a payé, les policiers municipaux à l'origine de l'arrestation faisant preuve sur le coup de beaucoup de sang-froid. C'est la fin d'une série de braquages qui a suscité l'émoi de toute la profession en Beaujolais. Placé en garde à vue, le jeune homme avoue être l'auteur des trois vols ou tentative à main armée.
A l'audience, le prévenu a de nouveau reconnu être l'auteur de ces agressions, contestant simplement le montant dérobé à Liergues, de l'ordre de 950 euros selon lui.
Dette d'héroïne
Il a avancé comme seul motif un besoin urgent d'argent. Héroïnomane à la consommation de plus en plus inquiétante, il devait payer une dette de 1 500 euros à son dealer. "Ce sont des faits très graves, quasiment des crimes, qui auraient pu vous mener devant un cour d'assises, a rappelé la présidente Nelly Pradel au prévenu. Vous imaginez la terreur des victimes, qui ne savaient pas si le fusil était chargé ou non ?"
"Je me rends compte d'avoir fait quelque chose de grave. Je n'ai pas réfléchi ni pensé aux conséquences, je regrette sincèrement…", a-t-il soufflé d'une voix mal assurée. Tout comme le scooter, l'arme appartenait à son père, elle n'était pas chargée. La voiture utilisée était à sa mère… Pour autant, pour le vice-procureur Sandjivy, pas question de parler de "bêtise de gamin" : "Ce n'est peut-être pas un pro, un malfaiteur chevronné qui s'attaque aux bijouteries, mais c'est un vrai braqueur. Il n'y a pas tant de spontanéité que cela dans ses gestes, et au contraire des préparatifs. Il a déjà une mention à son casier pour escroquerie, ce n'est pas une personne bien sous tous rapports". Le représentant du parquet a requis cinq ans d'emprisonnement, concluant ainsi à l'adresse du prévenu : "On est dans la vraie vie, pas dans un film".
L'avocate du jeune homme a tenté de mettre en perspective les causes de cette inquiétante dérive : "Il y a eu un point de rupture dans sa vie après un accident du travail qui l'a immobilisé de nombreux mois. Il n'a plus retrouvé de travail stable ensuite et a sombré dans la drogue, jusqu'à se désociabiliser. Il n'a pas su en parler à son entourage et appeler à l'aide". L'avocate a également évoqué un acte désespéré, irréfléchi, œuvre d'une personne acculée dans ses retranchements par l'héroïne. Le tribunal a en partie entendu ces arguments, condamnant Christophe Monchanin à une peine de cinq ans de prison dont dix-huit mois assortis de sursis mise à l'épreuve (SME). Le maintien en détention a été prononcé. Le jeune homme devra en outre indemniser les victimes à hauteur de 7 000 euros au total.
Julien Verchère
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